Le best of de Nicolas Giraud

par Nicolas Giraud

1 – Daniel Gustav Cramer chez Christophe Daviet-Théry, Paris, 15 novembre – 21 décembre

Daniel Gustav Cramer, Seven Works. Installation view, Photographer Rebecca Fanuele.

Daniel Gustav Cramer, Seven Works. Installation view, Photographer Rebecca Fanuele.

En plaçant plusieurs pièces avec une infinie précision, Daniel Gustav Cramer élabore une exposition faite d’intervalles. Souvent redoublés, les éléments, images, textes et modules, tiennent avant tout par les écarts qu’ils produisent et les hypothèses qu’ils esquissent. On n’en épuisera l’étendue qu’en parcourant chacun des lieux ouverts par les œuvres, et dont l’espace d’exposition ne constitue que le vestibule.

2 – « Ready (to be) made », Bas Jan Ader, Taiyo Onorato et Nico Krebs au Bal, Paris, 30 mai – 1er septembre

Happy Ending, 2005 / Courtesy RaebervonStenglin, Zurich. Copyright : Taoyo Onorato et Nico Krebs

Happy Ending, 2005 / Courtesy RaebervonStenglin, Zurich. Copyright : Taoyo Onorato et Nico Krebs

Aussi précis qu’absurde, le travail de Taiyo Onorato et Nico Krebs vient jouer autant qu’il prolonge la nature artificielle de l’Americana. Ils reconstruisent, avec des bouts de carton, un espace américain qui n’est lui-même plus qu’un décor. En un préambule élégamment scénographié, quatre films de Bas Jan Ader viennent mettre en perspective la méthode particulière que les trois artistes partagent : cette capacité, malgré une pauvreté de moyens, à faire vaciller le réel.

3 – Jiri Kovanda, galerie gb agency, Paris, 22 janvier – 26 février

Jiří Kovanda, Window, 1980. Installation Plaque de verre fixée pour dépasser du mur. Pièce unique. Photographie: Marc Domage

Jiří Kovanda, Window, 1980. Installation Plaque de verre fixée pour dépasser du mur. Pièce unique. Photographie: Marc Domage

Bien que les pièces présentées datent pour la plupart des années quatre-vingt, celles-ci ne cessent de s’actualiser dans une économie qui régit la relation triangulaire entre l’artiste, l’œuvre et le spectateur. Chez Kovanda, l’artiste ne s’efface pas dans la transaction qui remet l’œuvre aux mains du marchand ou du collectionneur. On retrouve toujours dans ses propositions un geste qui empêche les objets de s’établir comme marchandise culturelle.

4 – Gianni Motti, galerie Emmanuel Perrotin, Paris, 20 avril – 15 juin

Gianni Motti, "Moneybox", Galerie Perrotin, Paris, 2013 / Photograph: Guillaume Ziccarelli.

Gianni Motti, « Moneybox », Galerie Perrotin, Paris, 2013 / Photograph: Guillaume Ziccarelli.

Chez Perrotin, Motti reprend, en apparence, son intervention de la Ferme du Buisson. À Noisiel, l’artiste avait accroché sur des fils tendus au plafond le budget de l’exposition. À Paris, seule la forme est identique. Car en déplaçant cette œuvre, l’artiste opère un renversement complet de son mécanisme. Du lieu d’art excentré à l’hyper-galerie du Marais, la « recentralisation » modifie les conditions de réception. Les deux interventions forment ainsi une sorte de dytpique. Et le sens de l’installation change avec sa « situation », faisant ainsi écho au pouvoir polysémique que Marx attribue à la monnaie.

5 – Fernanda Gomes, Centre International d’Art et du Paysage de Vassivière, 26 octobre 2013 – 6 janvier 2014

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Fernanda Gomes, Untitled, 2013. View of the exhibition: Fernanda Gomes, Centre international d’art et du paysage, Vassivière island, 2013. Production : Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière © Aurélien Mole

Fernanda Gomes, Untitled, 2013. View of the exhibition: Fernanda Gomes, Centre international d’art et du paysage, Vassivière island, 2013. Production : Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière © Aurélien Mole

Sans s’augmenter d’autres moyens que les objets présents sur place, le travail de Fernanda Gomes parvient à trouver dans chaque endroit une nouvelle forme. Son intervention à Vassivière se distingue par un tour plus ludique. À chaque exploration se découvrent de nouvelles strates, de nouvelles idées d’arrangements. Devant l’ampleur des salles, Gomes découpe et sur-découpe l’espace en une multitude de loci. Chaque intervention y tient à la fois comme œuvre et comme partie d’ensembles multiples qui se constituent en englobant les interventions voisines. Jusqu’au livre d’artiste qui laisse entre les mains le fil qui prolonge, encore, l’exposition.

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